dimanche 25 janvier 2009

Traitement de l'Alopécie androgénogénétique

Traitement Alopécie androgénogénétique

 Les antiandrogènes : acétate de cyprotérone (CPA) et spironolactone. Ils n’ont pas d’AMM dans l’alopécie féminine. Le CPA à 50 mg/j (Androcur®) est administré à 1 cp/j + estrogène naturel en comprimé, gel ou patch 20 j/28 j. L’amélioration est notée en 6 mois sur l’hirsutisme ; sur l’alopécie, l’effet est lent, inconstant et subjectif. La spironolactone (Aldactone®) est surtout utilisée aux États-Unis. Elle est prescrite à 100 ou 200 mg/j + progestatif non androgénique (15 j/mois). CPA et spironolactone ont une efficacité similaire.
 La contraception : on évitera les substances potentiellement androgéniques et on conseillera une association estroprogestative avec un progestatif antiandrogénique : acétate de cyprotérone (Diane 35®), chlormadinone (Belara®), drospirénone (Jasmine®, Jasminelle®) ou norgestimate (Triafemi®).
 Le minoxidil (+++) 2 % et 5 %. Même si classiquement la forme à 5 % est dévolue uniquement à l’homme, pour notre part, nous l’utilisons sans problème chez la femme. Une forme mousse existe aux États-Unis et sera prochainement disponible en France. Théoriquement, la dose est de 1 ml matin et soir. Compte tenu de l’effet irritant possible et/ou de l’effet cosmétique immédiat désagréable que peut avoir le produit sur les cheveux en application matinale, certains préconisent une seule application le soir (2 ml ou 1 ml). Rappelons qu’il est contre-indiqué chez la femme enceinte ou allaitante. Le minoxidil sera prescrit en association aux antiandrogènes.
 Le finastéride (Propecia®). Une étude a montré son échec chez la femme ménopausée ; il est contreindiqué chez la femme (risque de féminisation du foetus mâle en cas de grossesse). De futures évaluations sont nécessaires pour connaître son efficacité chez la femme jeune sous contraceptif. La prescription la plus efficace dans l’AAG semble être l’association du minoxidil et d’un antiandrogène(8,11). En termes d’efficacité, l’essai comparatif des deux produits semble conclure à une supériorité du minoxidil sur le CPA quand l’AAG est isolée, alors que le CPA semble plus efficace que le minoxidil quand l’AAG est associée à une hyperandrogénie clinique ou biologique.

Bilan endocrinien devant une AAG

Bilan endocrinien devant une AAG

Bilan endocrinien devant une AAG (8,10)

 Association à un hirsutisme et/ou une acné sévère et/ou un trouble du cycle : faire un bilan endocrinien et une échographie ovarienne à la recherche d’une hyperandrogénie d’origine ovarienne (syndrome des ovaires polykystiques) ou d’un bloc surrénalien par déficit en 21 hydroxylase ; dosage de la testostérone libre, SHBG, index de T libre, 17 OH progestérone, ± test au synacthène). Ces tests sont réalisés chez une femme le matin d’un des 6 premiers jours du cycle sans contraception hormonale depuis 3 mois, ni prise de cortisone.
 AAG isolée : aucun bilan hormonal.
 AAG en cas de ménopause et périménopause : aucun bilan hormonal.
 Chez la jeune fille dans les 3 ans qui suivent l’installation des règles : pas de bilan.

Alopécie diffuse chronique à topographie androgénique

Alopécie diffuse chronique à topographie androgénique

L’alopécie androgénogénétique (AAG) est la cause la plus fréquente de chute de cheveux diffuse chronique chez la femme

Pelade diffuse

Pelade diffuse

La pelade est une chute massive, diffuse et brutale (1,2). Tout le scalp est touché et surtout la zone occipitale. Il est sage de confier la patiente au dermatologue. Le pronostic est bon avec repousse spontanée en quelques mois.

Alopécie toxique et médicamenteuse

Alopécie toxique et médicamenteuse

La relation de cause à effet n’est pas toujours facile à établir. On distingue plusieurs groupes, en fonction de la fréquence de l’alopécie occasionnée(1,2,4) :

● l’alopécie est fréquente : antimitotiques, colchicine, interféron, rétinoïdes, anabolisants stéroïdiens ;
● l’alopécie est occasionnelle : anticoagulants, anticonvulsivants, antithyroïdiens, corticoïdes, progestatifs androgéniques ;
● l’alopécie est exceptionnelle : antidépresseurs, bêtabloquants, hypocholestérolémiants ;
● intoxication professionnelle ou accidentelle : thallium, arsenic, acide borique, chloroprène. Ces listes ne sont pas exhaustives.